Lorsque l’on passe un certain nombre de mois au fond de son lit en se demandant si l’on va vivre ou mourir, tout est remis en perspective. 

 

Et lorsque l’on se remet finalement debout, tout autour de nous a changé. Ou peut-être que nous avons changé.

 

1-Le corps.

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On n’est plus comme avant. Et on ne sera jamais plus comme avant. On a pris un gros coup dans la gueule, quoi. Nouvelles cicatrices, plus la même endurance, insomnies, douleurs. Parfois, ça me fait râler. Et puis je me souviens de la chance que j’ai eu de glisser des doigts de la mort. Le tout est d’apprendre à aimer son nouveau corps et d’en respecter les fragilités.

 

2-La relativi-sationité … bref. Relativiser quoi.

10,7

On réalise à quel point nous avons gaspillé notre temps et énergie à des choses futiles toute notre vie. Comme pleurer à cause d’une teinture capillaire ratée ou d’un mec qui ne rappelle pas, se disputer avec ses frères et soeurs pour savoir qui va hériter de la maison de grande-tata, ou juste se plaindre et encore se plaindre de la médiocrité de sa propre vie sans jamais lever son cul du canapé. Et puis merde, j’ai fait tomber ma boule de glace sur mon chemisier tout neuf … et c’est pas si grave.

 

3-Les amis.

10,1

Y’en a en plus, y’en a en moins. Surtout en moins. C’est vrai que la gueule de zombie que nous nous sommes trainés pendant un an n’était pas des plus agréables à regarder. Surtout qu’il y avait marqué en gros « PRESQUE MORT » en plein milieu de nos fronts. Mais maintenant, on a repris le dessus. Le tri est fait, et on avance dans la vie entouré de ceux qui en valent vraiment la peine.

 

4-La coiffure.

10,6

De vous à moi les filles, la boule à Z est un MUST DO ! À faire au moins une fois dans sa vie de femme. Ça apporte un sentiment incroyable de liberté et de culot, et c’est carrément beaucoup moins de temps passé dans la salle de bains. De plus si le crâne rasé n’a pas trop la côte chez les jeunes enfants (« Maman, pourquoi la dame elle a pas de cheveux ? ») j’ai découvert qu’il avait carrément la côte chez les artistes, les punks, les lesbiennes, les tatoués et quelques cadres Airbus en recherche de piment dans leur vie. Et toc ! Qui a dit que les cheveux courts ne sont pas attirants ?

 

5-Les sujets de conversation.

10,4

« -Non mais franchement la meuf a acheté exactement le même jean que moi ! Ça se fait trop pas , je suis trop vénère !

TA GUEEEEEUUUULE ! »

 

6-Les goûts.

10,5

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi c’est simple : j’aimais le sucré, je ne jure que par le salé. Je me déhanchais seulement sur les musiques des îles, je suis à donf’ sur la deep house. Je préférais l’été à l’hiver, je choisis le joli manteau en daim et les bottines fourrées plutôt que les heures à lézarder sur la plage. Une deuxième vie dans une seule vie, quoi. 

 

7-La garde-robe.

10,9

Ben ouais, j’allais quand même pas commencer cette nouvelle vie sans rien à me mettre sur le dos ! Non ?

 

8-Le mec.

10,2

Bon ça, c’est chacun sa story ! Mais je peux vous dire qu’on n’a encore rien trouvé de mieux qu’un bon vieux cancer pour découvrir le véritable faciès de celui qui partage notre lit et nos sentim… euh non, juste notre lit en fait.

 

9-L’égo.

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Se regarder tous les jours dans le miroir en se disant qu’on a terrassé un cancer, ça booste carrément l’égo. On se sent fier et même un peu comme un super héros. Et puis on a été habitué à ce que tout le monde soit à nos petits soins et à être le sujet de toutes les conversations depuis des mois. Mais il faut faire très attention, car une fois la vie revenue « à la normale », vos proches ne vous mettront plus au centre de leur monde (et c’est normal !) et ils trouveront certainement votre auto-kiffage et le récit de votre chemin spirituel dans votre nouvelle vie très très chiants. Ceci-dit, il ne faut pas nous en vouloir, vous savez. Nous passons par de si grandes douleurs et de si grandes peurs pendant notre cancer que nous n’avons pas la moindre énergie à consacrer aux problèmes et à la vie des autres. Même si on vous aime très fort.

 

10-La sagesse.

10,8

Si le cancer nous enferme à l’intérieur de nous-mêmes, il nous fait aussi ouvrir les yeux sur certaines vérités. Il transforme l’essentiel en pure évidence. Il nous fait comprendre à quel point la santé et l’amour priment sur TOUT, absolument TOUT. Que sans ces deux choses, rien n’est possible. Que si notre corps fonctionne correctement et si quelques humains nous aiment, alors on est déjà très chanceux et très très heureux.

 

Et vous alors ? Qu’est-ce-qui a radicalement changé depuis que vous avez traversé le cancer ?

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  • hicham dit :

    Hello Marine, toi qui ne répond jamais, ou si peu.
    Qu’est-ce qui a radicalement changé? Je crois que tu le dis très bien et, peu ou prou, tous ceux et celles qui en sont passé par là sont arrivés aux mêmes constats que toi, surtout sur ce que signifie l’essentiel, vivre et aimer, laissant le superflu à ceux et celles de l’autre monde, ceux qui n’ont jamais eu d’épée de Damoclès au-dessus de la tête, qui n’ont jamais eu peur, vraiment peur, de mourir. Tel que je te lis, tu dis en être sortie. Si tel est le cas, alors vraiment tant mieux. Moi, ce n’est pas fini et, je le crains, ça ne finira pas. Mais c’est pas grave, pour l’instant je suis encore là, en profite, surtout des rares que j’aime réellement, vraiment (tous les autres je les ai viré, même s’ils ne m’ont rien fait). Oui, je n’ai plus du tout l’envie de perdre mon temps dans des relations qui ne me mène nul part affectivement ou intellectuellement. Je ne sais ce qu’il en est de toi dans ce domaine, peut-être nous le diras-tu un jour….

    • Marine dit :

      On ne sait jamais vraiment si on en est sorti! Mais j’ai envie de penser que ça ne reviendra pas.
      Bon courage Hicham, et continuez de profiter de toutes les beautés de la vie … Si je le pouvais je vous donnerais une bonne dose d’espoir !
      Bien à vous
      Marine

    • Catou dit :

      Bonjour Hicham,
      Tu es vivant, tu profites de ce qui est vraiment important dans ta vie et finalement, sans que nous bien-portants (actuels) ne nous en rendons compte nous avons aussi cette épée de Damoclès au-dessus de la tête ; la différence c’est que toi, tu le sais, tu le vis et c’est ce qui doit rendre ta vie essentielle. Je suis intimement persuadée que ce n’est pas la durée de notre vie qui est importante mais vraiment ce qu’on fait des années passées dans ce corps physique alors, continue à vivre toi qui a pris la mesure de cette chance. Je t’embrasse bien affectueusement ainsi que toi Marine, ma nièce chérie.

      • hicham dit :

        Bonjour Catou,
        tu résumes bien la situation et, effectivement, il y a un fossé, voire un gouffre, entre se vivre avec une épée de Damoclès (on la sent déjà s’enfoncer en nous, je ne sais comment dire) et le savoir théorique qui, finalement, ne nous apprend strictement rien sur le phénomène émotionnel (je ne sais si je me fais comprendre). De même, je suis entièrement d’accord avec toi lorsque tu dis que c’est la qualité de vie qui doit primer, bien plus que la durée, mais il n’empêche que personne ne veut mourir, même si sa propre vie est une galère. Quoi qu’il en soit ta nièce a un caractère que l’on pourrait croire dans de l’acier trempé, bien décidé, bien volontaire, et vue l’expérience qui est la sienne à présent, je me dis que bien téméraire sera celui ou celle qui voudra lui imposer quelque chose qu’elle ne veut pas ou plus. Sa mère m’a écrit un mot, aujourd’hui c’est toi que je découvre, et à priori vous m’avez l’air d’être une famille soudée, ce qui n’est pas le cas partout malheureusement dans ce genre de situation. Je ne peux que vous encourager à continuer à l’être !

        Bien à vous !

        • Nabila dit :

          Bonjour Hicham, c’est étonnant comment tu as utilisé les mots fossé et gouffre car c’est exactement ce que j’essayais d’exprimer dans mon dernier article…
          Tu peux lire sur : LymphomeT.tumblr.com
          Marine, merci pour tes articles ; )

  • hicham dit :

    Mais tu me la donnes, sinon je ne te lirai pas !

  • Nadia Law dit :

    Merci Marine,
    A chaque fois, tes messages et là, dernièrement, tes échanges sur ton annicancer m’ont remué les tripes et m’ont fait monter beaucoup d’émotions. Je suis restée sans voix. Je trouve que tu as un don pour cela, pour toucher les gens en tout cas moi, c’est sûr, dans tous les sens. Te lire ici dans cet article me rebooste et tu as le don pour cela aussi.
    Et même si pour l’instant, je n’ai pas de soucis de santé comme toi ou Hicham ou Sylvie et tous les autres, je suis touchée par ce que vous exprimez. Je salue votre capacité à vous raconter et à faire partager votre vécu qui nous sert vraiment de leçons face aux petits bobos que nous rencontrons dans la vie.
    Merci Marine pour ton courage, ta générosité, ta force de vie et ta créativité.

  • K.rol dit :

    Je n’ai pas eu à traverser la maladie perso. Mais mon époux a été atteint dans son corps et son âme.

    Lui a changé. Il n’est plus solide physiquement. C’est cette fragilité qui lui rappelle cette année 2011. Et puis les collègues qui vous font sentir que, oui vous n’etes plus le même !

    Mais il a gagné des amis. Il a été soutenu, entouré. Ils sont restés apres la maladie 😉

    Ma fille et lui sont plus complices depuis. Elle avait 7 ans mais a compris la souffrance physique et morale. Elle protège beaucoup son papa. Et ca me remplit de joie de les regarder. (Je me rends compte que je viens de l’écrire avec un grand sourire aux lèvres).

    Pour mon fils qui avait 9 ans cela n’a rien changé. Il s’est mis dans sa bulle protectrice sciemment. Pour en sortir indemne 6 mois plus tard. Il n’a pas été indiférent mais c’etait une question de survie pour lui.

    Quant à moi….j’ai porté la famille. Il me reste cette fierté interieure. Car personne ne s’est rendu compte de cela…à part mon époux.
    Mais faire seule…c’etait dur et maintenant je sais de quoi je suis capable. Cela m’a rendu egalement plus combattive.

    Merci pour votre generosié

    K.rol

  • Brigitte dit :

    Comme vous, j’ai l’impression d’avoir pris un sacré coup dans la gueule, fatigue, insomnies, cheveux horribles, oeil amblyope qui, esthétiquement, ne posait aucun problème alors que maintenant il s’obstine à se diriger vers le bas (difficile le miroir, fini le maquillage des yeux), cicatrice… Et malgré une tumorectomie puis mammectomie 30 mois plus tard à cause d’un sarcome qui est venu se joindre à la fête, je n’ai pas ce regard nouveau sur la vie, sur les autres, sur l’inutile ou le futile dont nombreux comme vous témoignent. A part les aspects physiques non négligeables, c’est une grande lassitude qui domine, peut être due au traitement que l’on prend pendant 5 ans ? Paradoxalement, le moral a toujours été à peu près bon, je n’ai quasiment jamais douté quant à l’issue du traitement. Même si l’on ne peut jamais affirmer que c’est gagné, cela fait maintenant 5 ans, délai critique, que j’ai été opérée.
    Juste une grande lassitude.

    • hicham dit :

      Bonjour Brigitte,
      je me permet d’intervenir au sujet de cette lassitude dont vous parlé. Même si comme Marine, ma vue des choses s’est métamorphosé depuis l’apparition de mon cancer, je ne suis plus celui d’hier, c’est indéniable, mais cela n’a pas empêché, très loin de là, cette forme de lassitude dont vous parlé de s’emparer de moi, et plus d’une fois. D’ailleurs si je lis Marine avec assiduité, c’est parce qu’à travers son expression elle me « requinque », rend les choses un peu plus « légères » même si par ailleurs nous savons qu’elles sont lourdes. Peut-être êtes-vous fatiguée, lassée, parce que pendant longtemps vous avez été en soin presque continu et que vous n’avez pas encore complètement récupéré. Mais si cela fait 5 ans que le cancer vous fou la paix, que la rémission pointe le bout de son nez, je veux croire que vous retrouverez rapidement toute votre énergie et continuerez à avancé vaillamment dans la vie.
      Amicalement.

      • Brigitte dit :

        Merci Hicham.
        Je souhaite que vous ayez raison et que cette lassitude disparaîtra à mesure que tous ces traitements s’éloigneront. Mais je regrette beaucoup que ce regard neuf sur la vie, que ce nouvel appétit de vivre dont beaucoup témoignent ne m’habitent pas. Je « traîne » au lieu de profiter de cette chance d’être là.
        Mais je me réjouis de voir que d’autres comme Marine retrouve un tel dynamisme malgré les inconvénients induits par les traitement et me donne un peu la foi que, moi aussi, ça finira par venir. Encore merci pour l’attention porté à mon com.

        • Nabila dit :

          Bonjour Brigitte,
          Je me permets aussi d’intervenir malgré que Hicham a presque tout dit.
          Je pense que c’est vraiment une histoire de temps, j’étais déçu comme toi une fois la rémission obtenue, j’étais même en dépression, il n y a pas de déroulement type cancer-peur-traitement-rémission-bonheur , ce sont des hauts et des bas comme finalement la vie de n’importe qui, certes en plus extrême, mais ça viendra petit à petit sans t’en rendre compte ; ) tu as peut être besoin de distance des traitements!!
          Courage
          Nabila

  • Angela dit :

    Bonjour marine, merci pour ce texte, je n’ai également pas traversé cette maladie mais une de mes meilleures amies s’y confronte depuis peu et c’est très dur, ayant déjà perdu une autre amie récemment je vis une peur constante de la perdre elle aussi…mais je pense que même si les échanges sont difficiles ( vivant aussi l’une et l’autre à distance) l’essentiel est de monter que l’on est présents . Merci à toi en tous cas. Angela

  • Pierre dit :

    J’ai adoré ton article Marine.
    Je vois ton chemin parcouru, et je suis admiratif.
    A bientôt de te lire et de te voir 🙂

  • Sylvie g dit :

    Soignée depuis decembre chimio tumorectomie attente anapath puis radiotherapie puis hetceptine puis hormonotherapie puis ????vous lire resume toutes mes pensées parfois confuses merci

  • Nana-de-Marine dit :

    Ce qui m’épate le plus dans ce blog, ce sont les commentaires. Nous, les bien-portants (jusqu’au preuve du contraire), ne sont pas capables de vous épauler, vous qui souffrez physiquement et moralement, comme vous vous soutenez entre vous. Vous parlez la même langue.
    Nous, la famille (Hicham, je suis la grand-mère maternelle), avons apporté à Marine tout notre amour et tout notre soutien. Mais je pense qu’elle doit trouver encore plus de force à communiquer avec vous et à donner et à recevoir quelque chose de très particulier.

  • hicham dit :

    Bonjour Nana-de- Marine,
    puisque je commence à échanger avec toute votre famille, bientôt on va organiser des vidéos-conférences, ce sera plus simple et, qui sait, plus conviviale encore.
    Plus sérieusement, ne dites-pas que vous, les biens portants (et là je ne parle que nos proches, nos très proches) êtes d’aucune utilité ou presque. Cela est entièrement faux, même si nous les malades, en tout cas au début, lorsque nous découvrons notre maladie et toutes les peurs, voire la terreur, qu’elle engendre en nous, ne sommes plus capable de voir ‘clair », non seulement sur nous-mêmes, mais sur vous aussi en conséquence. De part et d’autre nous sommes exactement dans la même galère. Simplement nous ne sommes pas inquiets « de la même façon », notre approche de la maladie ne peut être la vôtre et, toujours au début, le temps des examens, des traitements et de tout ce qui s’ensuit, oui, nous sommes comme dans une bulle, complètement focalisé sur notre présent et notre devenir, laissant ainsi souvent l’impression aux aidants, c’est à dire vous, que nous ne nous intéressons plus à vous, à vos vies. On va dire qu’il nous faut un temps d’adaptation, plus ou moins long selon certain, le temps de se familiariser avec notre maladie, ce qui nous arrive, qui nous devenons (et que nous découvrons bien souvent en même temps que vous) pour enfin recommencer à s’ouvrir sur l’autre, encore vous donc. Alors on se remémore, on réalise que vous aussi vous avez vécu le pénible, avez supporté, encaissé, nos états d’âmes, nos doutes, nos craintes en plus des vôtres, celles qui vous sont propres. Donc oui, il est des personnes bien portants qui ne nous aident en rien, uniquement parce qu’elles ne peuvent pas, ne sont pas capables ou ne veulent pas nous prendre tel que la maladie nous fait devenir. Mais dans la majorité des cas, c’est ce que j’ai constaté et Marine le dit souvent dans ses pages, l’entourage est vraiment au petit soin, nous prends tel que nous sommes, nous laisse le temps « d’évoluer », de nous apaiser, et cela, je le sais, j’ai vu ma compagne et mon beau-père à l’oeuvre, ce n’est pas toujours une mince affaire, car si vous êtes là pour nous (et merci), qui est là pour vous dans ces moments-là?

    A bientôt.

  • Nana-de-Marine dit :

    Merci, Hicham, de m’avoir répondu. Je crois que nous avons compris ce qu’endurait et endure Marine mentalement et trouvions plus que normal qu’elle se soit centrée sur elle-même. Après tout, vous avez besoin de toutes vos forces et cela nous ennuierait beaucoup que vous vous sentiez « responsables » de nos états d’âme à nous. Il y a un côté bon petit soldat dans chacun de nous. Pas au tout début quand c’est l’amour et la peur qui priment. Mais petit à petit, cela nous semble de plus en plus important d’être à la hauteur et, égoïstement, nous sommes contents de l’être et le rester le temps qu’il faudrait. Enfin, je ne devais peut-être pas dire « nous » mais « je », car les autres ne partagent peut-être mon point de vue. Mais derrière tout ça il y a l’amour, pas seulement pour ceux qu’on connaît, mais pour tout être vivant qui souffre. Finalement l’Homme n’est pas si mauvais. Et de ça aussi, je me suis rendu compte à travers ce qui arrive à Marine (pardon pour mon français, qui n’est pas ma langue maternelle).
    Et pour vous, le souhait que vous puisiez de la force dans tous ces textes et commentaires si profondément humains.

  • La mocheteuse dit :

    Merci pour cet exposé si clair ! Oui, ma vision de la vie a beaucoup changé au cours des traitements. J’ai redéfini mes priorités : mes enfants et moi, moi et mes enfants, parce que pour être encore là pour eux, je dois préserver ma santé. Et puis ma tête ne fonctionne plus comme avant (informaticienne). J’ai souvent du mal à me concentrer (incompatible avec l’informatique). Et surtout, je n’ai carrément plus envie de gâcher la vie qui me reste, ma vie bonus à me faire exploiter par une entreprise inhumaine … Alors j’ai décidé de me reconvertir, j’ai envie de transmettre ma passion des contes et des maths (Si, si, on peut aimer les deux … ). Etre plus indépendante, plus libre, plus vivante !

  • Nadia Law dit :

    Merci Hicham. Ton commentaire m’a touché et réveillé tellement de choses…
    Je pleure de reconnaissance après avoir sangloté et sangloté et sangloté aux souvenirs qui remontent.
    J’ai perdu mon frère il y a 5 ans d’un cancer rare. Ma mémoire défaille sur le nombre d’année et le terme exact de son cancer (du mésothéliome du péritoine) car ça reste douloureux.
    Je l’avais accompagné il y a 12 ans pour une opération dont je n’étais pas vraiment préparée. Nous venons de Polynésie et il fallait faire 24h d’avion pour aller à Paris le faire opérer. J’étais confiante car j’avais pour explication qu’on lui ouvrait le ventre, qu’on lui injectait un produit chimio qui allait détruire les cellules cancéreuses et qu’on lui refermait le tout et qu’on reviendrait après la convalescence.
    L’opération a duré des heures et des heures, plus longtemps que prévu pour m’entendre dire par le chirurgien qu’on avait dû lui enlever une partie de l’estomac, de la vessie …et d’autres organes internes dont je suis incapable de me rappeler tellement j’étais sous le choc et j’ai retenu qu’on lui laissait 5 mètres d’intestin car 3 mètres aurait été insuffisant.
    J’ai dit horrifiée : » mais il va mourir ! » et j’ai entendu : « si j’ai pris le temps de lui enlever tout ça, c’est pour qu’il vive sinon j’aurais refermé le tout sans rien faire et je vous l’aurais rendu ainsi ».
    Ca m’a rassuré sur le moment mais quand je l’ai vu défiguré, boursouflé par la cortisone (je l’ai compris après), avec des tuyaux de partout branchés à des machines, un masque rempli de morve et une telle difficulté à respirer et à ouvrir un oeil pour me voir, j’étais atterrée et en état de sidération sans savoir comment le moucher car j’avais des gants, une combinaison et je ne savais pas si j’avais le droit de le toucher (de peur de lui filer des microbes) et l’infirmier qui ne vient pas pour le moucher et l’aider à respirer mieux parce que j’avais l’impression qu’il allait s’étouffer dedans son masque. Et quand il vient pour dire « c’est rien du tout » et s’en va sans l’avoir plus soulagée à mon sens, ça a été très dur.
    J’ai fait le trajet de retour à l’appartement comme une zombie. J’ai pleuré toute la nuit en pensant à la manière dont j’allais annoncer à mes parents et mes proches que je reviendrais avec une boite dans la soute et non un Etre Vivant Guéri.Cette nuit toute seule à Paris a été la plus longue nuit d’angoisse de ma vie. Je ne voulais plus retourner le voir, non pas que je ne l’aimais pas mais c’était au dessus de mes forces de le regarder ainsi impuissante et supporter cette vision. J’ai pleuré dans le métro et le bus, la mort dans l’âme pour aller le voir le lendemain.
    Mais dès que j’ai franchi la porte, je n’étais plus la même. J’étais devenu la professionnelle qui encourage, prend un ton enjoué, rassure, détourne l’attention sur des scènes d’humour et de légèreté et je remercie mon métier d’éducatrice spécialisée au service social qui m’a donné une très grande expérience de la prise en charge des personnes en difficulté.
    Ca m’a sauvé et ça l’a sauvé.
    Il s’est rétabli très vite et il m’a avoué 3 mois plus tard que si je n’avais pas été là, il aurait tout débranché pour partir tellement c’était dur.
    Il a tenu 7 longues années avant de partir. Ce fut un record pour le cancer qu’il avait et il s’est accroché à la Vie pour ses enfants.
    Je salue son courage et je le retrouve en chacun de vos témoignages qui me touchent énormément.

    Je te remercie Hicham qui m’a fait revivre cet amour que j’ai pour mon frère, ces souvenirs douloureux qui avaient besoin d’être posés auprès de personnes à l’écoute et cette reconnaissance de la présence des proches qui peut servir même si on peut se sentir complètement impuissant comme je l’ai été.

    Merci à vous tous pour vos témoignages et à toi surtout Marine pour ce Blog qui mérite d’être découvert.

    Et bon courage Marine pour ton émission sur TF1 le 28 juin. Ce sera un portrait magnifique comme ton blog.

  • Sousou dit :

    Bj, moi aussi g un cancer de sein ,je commence les chimio je suis à ma 2eme.
    Ma vie à changé complètement ,
    G mis du temps pour accepter la maladie mais quand tu vois le nombre de malades à l hôpital, tu te calme et tu te dis c la destinée.
    Bon courage à tous les malades
    Merci marine pour ces témoignages.

  • Taticha dit :

    Bonjour Marine,

    Merci et encore merci pour ces nouvelles vérités de notre énièmé chance de Vie ! Ces nouveaux comportements qui changent la déco de notre personnalité.
    Avant mon parcours santé, cancer du sein, je consacrais ma vie à mon fils que j’ai élevé seule et à ma vie professionnelle. Super woman herself ! Bonne chance au valeureux qui arrivait à se faufiler dans ma vie sentimentale.
    Même si travailler est quand-même vachement utile pour subvenir aux besoins vitaux… Je ne me sens pas vraiment impatiente de reprendre la route du boulot. J’aime bien l’idée de prendre mon temps, de papoter avec mon fils ou avec une amie, de profiter des moments d’oisiveté pour respirer, me ressourcer, contempler mon jardin évoluer selon la saison, participer à un atelier, suivre une formation sympa et même acueillir un chouette monsieur dans mon coeur . Le tout sans aucune culpabilité ! Que la vie est grandiose !
    Je vous souhaiteà chacune, à chacun, une bien belle journée !

  • Na Ya dit :

    A mon tour de poster un commentaire 😉
    Marine, un énorme merci à toi pour ton énergie et ta générosité! Tes articles sentent bon la sincérité…
    Ce qui a changé depuis que j’ai fini mes traitements:
    – Ma notion du temps: je l’utilise avant tout pour moi
    – Mon regard sur les épreuves et les soucis de la vie: je re-la-ti-vise
    – Ma nouvelle tête: le peu de cheveux, voire leur absence, m’ont donné cette envie de revendiquer une féminité autre, celle qui vient d’ailleurs, celle qui vient de l’âme. Et dans une petite ville comme Montauban, ça fait jaser, ça fait sourire et surtout ça crée des discussions et des prises de conscience!
    – Le rapport aux autres: ou devrais-je dire le rapport à moi-même face aux autres… Beaucoup plus exigeante avec les autres, beaucoup moins avec moi-même. J’ai cessé d’être gentille, j’ai décidé d’être vraie, de me reconnecter à mes rêves d’enfance et d’y aller coût que coûte!
    – Mon rapport à la peur: si elle est là c’est pour éviter de faire certaines erreurs… Mouais… Avec ou sans peur, les erreurs arrivent et ce n’est pas forcément négatif. Nous apprenons de nos erreurs, nous apprenons aussi, en tout cas pour ma part, à laisser la peur ouvrir sa gueule mais surtout à la remettre à sa juste place: dans un coin. Le reste de la place est donné aux nouveaux projets, car après cette réussite face à la maladie, la peur prend beaucoup moins de proportions.
    – Savoir dire NON sans se justifier, c’est le luxe de la liberté
    – Savoir changer d’avis aussi, ne plus s’imposer des choses parce qu’on a dit OUI
    – Savoir dire OUI aussi, oui à l’imprévu et à l’inconnu
    – Faire ses deuils: ex petit ami, ex ami(e), image de la vie, image de sa propre vie, de son corps (avant)
    – Méditer et respirer…
    Bisous ma belle et à très bientôt en vrai ou en virtuel

  • CHEMLA dit :

    Après la première aventure, et beaucoup de périodes de réflexions, oui, on se dit que cette aventure, si elle était difficile et risquée, nous a quand même rendu plus fort, remis les yeux en face des trous, permis de relativiser pour enfin distinguer l’essentiel du futile. Et on en est même reconnaissant au destin ! On a appris à mieux se connaître, à ne plus tomber dans les panneaux des occupations et des relations stériles. Merci, sans ce cancer, je serai encore en train de tourner en rond dans ma cage de verre alors que maintenant j’ai enfin compris, etc.
    Sauf que quand, quelques mois après, quand on a enfin repris le travail depuis trois mois, au moment où on a la pêche parce que tout va très, bien, votre médecin vous annonce, lors d’un banal contrôle, qu’un marqueur est légèrement au dessus de la valeur prévue (ce qui a signifié à ce jour une quinzaine de séances de chimiothérapie – série en cours – et deux opérations laissant une magnifique morsure de requin de plus de 30 cm sur le ventre), le nouvel édifice s’écroule à nouveau.
    Plus : on se rend à nouveau compte à quel point on avait reconstruit, tel un super héros, un autre château de cartes avec des idées soit-disant plus nobles car nées dans l’adversité. Bref, on s’est cru invincible.
    Ce qu’apprend cette maladie, c’est que le doute, l’humilité, l’ACCEPTATION des erreurs, des échecs, … et des lésions qui ressurgissent de nulle part, est une composante essentielle pour vivre. Attention, le moral doit rester d’acier pour autant. C’est tout l’art !
    Vanité des vanités, tout n’est que vanité !

  • detrez carmen dit :

    bj je suis la maman d’un garcon de 12 ans qui a un lymphom de hodgkin diagnostique le 23 octobre 2015 comment ne pas pleurer je dois etre forte pour mon garcon je dois lui donner toutes mes forces et mon amour pour qui lutte contre cette maladie’ il change il a muri en peux de temps c’est un grand guerrier chaque jour il me donne une belle leçon de courage .

  • Gaëlle dit :

    Merci pour cet article… Je n’ai pas été moi-même malade… L’histoire pour nous, c’est que j’ai accouché d’une merveilleuse petite fille, et 15 jours plus tard, on diagnostiquait un cancer à mon compagnon. Opération urgente, chimiothérapie, examens…. En plein dans les premiers mois de vie de notre bébé. J’ai jamais autant pleuré de ma vie, mais jai assuré la petite seule, les visites en oncologie, les sejours en urgence pour aplasie… Aujourd’hui cela fait un peu plus d’un an, ça va mieux mais je me sens toujours fatiguée et marquée. Plus que lui même j’ai limpression. C’est tellement difficile de reprendre le cours de sa vie, comme si de rien n’était ou presque…

  • catherine delanchy dit :

    voila j ai subit une intervention d un cancer du poumon gauche ses fait 6 mois et j arrive toujours pas a me remettre de sa mon mari m aide pas met enfant me fon t-souffrir et de plus je vie mal de tout sa

  • Camille dit :

    Tu sembles avoir une sacrée énergie ! Je vis une période difficile psychologiquement, tout m’angoisse, ma santé vire à l’obsessionnel. Bizarrement j’ai davantage peur du long terme et des effets secondaires graves de la chimio que de ma survie actuelle. Je cherche timidement des témoignages et me rends compte à quel point les malades en rémission passent par ces moments difficiles lorsque leur santé s’améliore. Comme si la force alors indispensable lors des traitements se faisait la malle lorsque la vie normale reprend. Que faire ? Psy ? Un rdv pour des séances d’hypnose est programmé et j’en attends peut-être un peu trop. Avez-vous des conseils ? Merci et courage

    • Delport dit :

      Bonsoir,
      J’ai lu témoignage apres témoignage et pas pu tout lire
      C est impressionnant la force et l importance da voir un Bon morale
      et avec le recul je sais que les proches vive durement la maladie

      Bon je me présente un peu

      Christian
      Lymphome en cour de remition

      Je voudrais juste donné un avis qui pourrait aidé’ peut être ‘

      Quand j’ai commencé ma chimiothérapie
      J ai essayé avec l accord médicale du service d’hématologie
      Le jeûne thérapeutique

      Donc le jour de avant puis les jours pendant les perfusions
      Aucun aliment solide
      Que de l eau

      Pas d effet secondaire sur tout mes différentes profile
      Juste ce ressenti chimique mais bon…
      Apres
      pour voir j ai essayé de mangé et
      Je sais que à ma septième cure
      J ai essayé l alimentation ‘ -500 calories jour’
      Et que j ai vraiment pas aimé mon après chimiothérapie cette fois la
      Retour très malade George serré
      Nausée etc..
      Je n ai plus fait cette erreur
      Pour mon autogreffe de octobre 2016
      9 jours sans mangé
      Et beaucoup de bénéfice à l après traitement

      Voici cette expérience personnelle
      En espérant que l on vous permettre d essayer

      Des fois on est trop fragile et mieux manger que de jeûner

      Et j avais aussi fait l arrêt du gluten pour éviter la candidose
      Mais ça c est encore autre chose

      Merci de votre blog Catherine

      Et soyont fort tous ensemble » » c est important »
      Témoignons de notre amour pour la vie
      Malgré ces expériences douloureuse je reviens à la vie petit à peti
      Comme nous tous
      Bonne nuit

  • Lala angela dit :

    Qu’est ce qui a changé dans ma vie depuis le lymphome ?

    Pas grand chose. Je suis redevenue la même ou presque .

    Après presque deux ans de rémission et avoir enfin un visage que j’aime à nouveau (j’ai détesté le crâne rasé et la coupe courte).. Je me sens plus confiante.
    J’assume ce corps que j’ai rebâti de toutes pièces à coups d’heures et d’heures de salle de sport .
    J’arbore des tenues plus féminines et assumées Parce qu’après une bonne claque dans la tronche niveau physique je me trouve pas si mal actuellement et je l’assume .
    Mon caractère n’a pas changé, il est pire même …parce qu’après avoir montré le petit soldat vaillant durant la maladie, apres une baisse de confiance ensuite puis un regain d’estime de soi .. Je suis un vrai Pitt bull !
    Qu’a t’il change aussi ? Les projets … Me raccrocher à des projets bien établis me rassurait … Maintenant ça me rassure plus de ne rien prévoir comme ca pas de déception…
    J’ai lâché un peu prise ..

    Bref le cancer change la vie, pas toujours dans le bon sens mais en tous cas il ne laisse personne indemne.

  • Anne dit :

    Qu’est ce qui a radicalement changé ?
    1/ j’adooooore la vie. Vraiment. Et maintenant c’est moi qui conduis ma vie.
    2/ je suis tres joyeuse. Tout le temps. Et j’ai pas toujours de temps à consacrer aux deprimés.
    3/ je suis franche et chirurgicale. Parfois. Je dis ce que je pense, si j’aime ou pas.
    4/ je vois du beau partout et si c’est moche je le vire ou je le scanne/disparition
    5/ je ne perds pas (trop) de temps , je lis, je bouffe la vie vite avant que …
    6/ je me dis que j’ai une chance folle d’en avoir réchappé et que je dois mériter cette nouvelle vie.
    7/ chaque jour, c’est une vie.
    8/ je m’occupe de mon amoureux vraiment comme si chaque journée était la dernière. Et mes enfants pareil. Et ma famille pareil.
    9/ je suis détachée des gens, j’aime en détaché, c’est compliqué à expliquer, mais une chose qui a changé vraiment c’est ce détachement qui n’est pas de l’indifférence mais qui peut s comprendre dans « l’eau coule, je la touche quand elle passe à ma portée puis elle disparaît  » c’est la vie
    10/ la mort ne me fait plus beaucoup de peine même quand elle,touche un être cher. J’ai perçu un truc étrange, que la mort est une petite marche d’escalier qu’on franchit tous à un moment où à un autre.
    Ma mort ne m’effraie pas. Je suis prête.

  • Placuzzi dit :

    Tout a changé ou presque plus la même avant pendant après cela résume le parcours, impatiente encore plus sauf pendant les traitements où j’ai appris à souffler et à me focaliser uniquement sur mon combat moi qui étais boulimique de la vie voulant tout faire tout connaître j’ai fait cette petite pause pendant dix huit mois pour mieux me rattraper ensuite. La mort j’avoue je n’y ai jamais pensé même pas peur j’ai été un bon petit soldat moi qui suis anti militariste et qui fais toujours ce que bon me semble. Aujourd’hui en rémission génial je vais fêter ma première année bon j’ai le contrôle dans ah mince alors oui dans trois semaines et là encore je sais que tout va bien aller et pourquoi il en serait autrement que diantre. Si je suis comme cela je pense que c’est surtout qu’avant d’être patiente j’ai été confrontée au cancer plus jeune, la sœur de papa décédée d’une leucémie, je me souviens encore d’un 1er janvier où elle avait enlevé sa perruque pour me montrer ses cheveux qui repoussaient tu vois je suis guérie … elle nous quittait une semaine après puis la sœur de maman qui était comme ma propre maman tant nous étions proches un premier cancer puis des récidives jusqu’aux soins palliatifs où comme une équipe soudée que nous étions mes cousines et moi nous allions chaque jour la voir. Alors aujourd’hui ce n’est que du bonheur, respirer les odeurs du jardin, sourire à des petits riens qui sont hyper importants bref la vie est belle et bravo Marine pour ton livre

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